Le document, élaboré par la Backbone Coalition – un groupe réunissant des acteurs de l’industrie, de l’investissement, de l’énergie et de la défense, soutenu par l’ONG Transport & Environment – indique que les deux leaders mondiaux de la production de batteries sont chinois et détiennent plus de 50 % du marché mondial.

Cette domination chinoise s’inscrit dans un contexte où les constructeurs automobiles européens, comme Renault, ont déjà implanté des centres de R&D en Chine pour profiter de délais de développement plus courts et de coûts de production réduits, au détriment des capacités européennes.

En Europe, de nouvelles entreprises telles qu’ACC, Verkor ou PowerCo (filiale de Volkswagen) ont vu le jour, mais la coalition estime qu’elles restent largement en retard face aux géants chinois et que les 4 milliards d’euros d’investissements annoncés par Bruxelles ne suffisent pas à inverser la tendance.

Le rapport propose donc une aide fixe par kilowattheure (kWh) aux cellules ou composants produits sur le continent, ainsi qu’une prise en compte renforcée des critères « Made in UE » dans les aides à l’achat, les marchés publics et la fiscalité.

Il recommande également de pousser les exigences de production locale à l’horizon 2027, d’ouvrir une enquête sur les entreprises chinoises bénéficiant de subventions de Pékin et, le cas échéant, d’envisager des droits de douane pour protéger les producteurs européens.

Enfin, la coalition suggère d’échelonner les restrictions à l’exportation des batteries en fin de vie, des rebuts et de la « masse noire », en les synchronisant avec le développement des capacités nationales de traitement afin d’éviter l’accumulation de matériaux inutilisables.

Selon la coalition, la mise en œuvre de ces mesures d’ici 2029 est indispensable pour garantir une réelle indépendance de l’industrie européenne des batteries et sécuriser la chaîne d’approvisionnement des constructeurs automobiles du Vieux Continent.