Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés attribue cette accélération à l’aggravation des combats au Darfour, dans les Kordofans et dans l’État du Nil Bleu. Les frappes aériennes et les attaques de drones poussent de nouvelles familles à quitter leur foyer et compliquent dans le même temps l’accès des organisations humanitaires aux zones touchées.
À Tiné, le centre de transit accueille déjà plus de 4 300 personnes. Le HCR indique que des femmes et des filles ont signalé des enlèvements et des viols pendant leur trajet vers le Tchad. Depuis le début de la guerre, en avril 2023, près d’un million de Soudanais ont trouvé refuge dans le pays, qui reste l’une des principales destinations de la région.
La crise dépasse largement la frontière tchadienne. Quelque 11,3 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile au Soudan : 6,4 millions sont déplacées à l’intérieur du pays et plus de 3,5 millions de réfugiés et demandeurs d’asile soudanais ont rejoint des États voisins. Au Tchad, plus de 190 000 réfugiés vivent encore dans des conditions précaires près de la frontière, en attendant un transfert vers des sites aménagés. Plus de 30 000 familles n’ont pas d’abri adéquat et la plupart des réfugiés reçoivent moins de la moitié de la quantité minimale d’eau recommandée.
Les moyens consacrés à l’accueil ne suivent pas l’ampleur des besoins. Le plan régional réclame 1,6 milliard de dollars, mais seuls 18 % de cette somme ont été réunis. Le HCR avertit que l’insuffisance de la protection et l’absence de perspectives dans les premiers pays d’accueil peuvent prolonger les parcours d’exil. Selon son analyse des arrivées en Europe, plus de 14 000 Soudanais ont traversé la Méditerranée en 2025, contre un peu plus de 4 000 en 2024, soit une hausse de 245 %, alors que les arrivées de toutes nationalités ont reculé.
Au Soudan, une amélioration sanitaire contraste avec cette dégradation humanitaire. L’OMS a recensé huit cas de choléra et aucun décès pendant la semaine achevée le 11 septembre, contre 421 cas au pic de l’épidémie, début juillet. Depuis son apparition à Al Nuhud, la maladie a toutefois touché vingt localités dans six États ; 2 955 cas et 250 décès ont été signalés, soit une létalité de 8,4 %. L’OMS juge la baisse encourageante, mais appelle à maintenir la surveillance et les capacités d’intervention, notamment dans les zones difficiles d’accès et pendant la saison des pluies.