Lors de la séance du conseil municipal du jeudi 17 septembre, les élus ont voté l’instauration d’une tarification pour le transport des personnes arrêtées en état d’ivresse, un trajet qui passe souvent par l’hôpital afin de vérifier l’absence de contre‑indication à la prise en charge nocturne au poste de police.
Le maire de Carpentras, Hervé de Lépinau, affilié au Rassemblement National, a justifié la mesure en invoquant la volonté de libérer les services de police municipale et les urgences hospitalières de ce type d’intervention, en se référant à l’article L 3341‑1 du code de la santé publique, qui aurait déjà prévu une telle prise en charge.
De Lépinau a précisé que 84 interventions de ce type avaient été recensées l’an dernier dans la commune, dont 46 en 2024, et que la tarification de 120 € n’avait jamais été appliquée auparavant, qualifiant la décision de « mettre les choses en ordre ».
Parallèlement à la facturation, la mesure comporte un volet de prévention : les personnes concernées seront invitées à se soigner et orientées vers des numéros d’aide dédiés à la lutte contre l’alcoolisme.
L’opposition municipale, représentée par la députée‑maire Pauline Cittadini (liste « Ensemble, fiers de Carpentras »), a dénoncé un risque de ciblage social, soulignant que les personnes en situation de précarité pourraient se retrouver dans l’incapacité de régler la somme exigée.
Cittadini a rappelé que la mesure, prévue pour entrer en vigueur le 1er octobre, succèderait immédiatement à l’arrêté anti‑mendicité en vigueur jusqu’à cette date, et a proposé un amendement visant à encadrer davantage la tarification, amendement qui a été rejeté par le maire au motif que la loi ne devait pas être modifiée.
Le débat s’est conclu sur une tension palpable entre le maire, qui a invité ses opposants à « suivre une petite capacité en droit », et les élus de l’opposition, qui ont qualifié la situation de « mur » à l’encontre du travail collaboratif.