Depuis le mardi 15 septembre, le trajet du train, qui reliait auparavant Barneville‑Carteret à Port‑Bail, a été amputé de 2,5 km ; il part désormais de Barneville‑centre et s’arrête à Port‑Bail, la coupure étant imposée par l’état critique du pont de Carteret.

Damien Clémendot, président de l’association Tourisme et Chemins de fer de la Manche, explique que le pont, construit en 1887, a été déclaré « malade » lors d’une visite en 2023, son revêtement métallique étant fortement détérioré. La SNCF, propriétaire de la ligne, a déclaré le pont inapte début 2026 et a rappelé que les travaux de remise en état devaient être réalisés dans les trois ans suivant la déclaration.

Selon Clémendot, le coût de la rénovation du pont de Carteret s’élèverait à quelques centaines de milliers d’euros, autour de 400 000 €, et les dépenses augmenteraient avec la réfection d’un second pont à Port‑Bail. Des travaux d’entretien de la voie sont également préconisés.

L’association redoute davantage la perte du train, car l’accord d’exploitation temporaire signé avec la SNCF prend fin le 31 octobre. « Après cela, nous naviguons à vue, nous n’avons pas de solution », avertit Clémendot, ajoutant que la SNCF ne souhaite plus investir dans la ligne et envisage de la céder à une collectivité locale.

Une réunion en juin a réuni les quatre communes traversées par le train (Barneville‑Carteret, Saint‑Jean‑de‑la‑Rivière, Saint‑Georges‑de‑la‑Rivière et Port‑Bail‑sur‑Mer) ainsi que la communauté d’agglomération du Cotentin. Jean‑Paul Vasselin, président de la Commission de Territoire de la Côte des Isles, a indiqué que seule l’agglomération pouvait soutenir le projet, à condition que l’une des communes porte le projet et que la compétence soit transférée, avec une éventuelle désignation du train comme « d’intérêt communautaire » à voter en séance plénière.

Le train a accueilli environ 10 600 voyageurs en 2025 et déjà 9 750 en 2026. Clémendot alerte que si les discussions ne sont pas engagées avant la fin octobre, le service pourrait disparaître de la Manche, privant la région d’un atout touristique et patrimonial.