Initialement prévue le 12 septembre, la rencontre avait déjà été reportée en raison des difficultés d’accueil d’environ 2 000 supporters bordelais, dont plus de 200 ultras. Dans une vidéo publiée jeudi sur la page Facebook de l’ES Saintes, son vice-président, Johan Bernardin, a annoncé que ce nouveau rendez-vous ne pourrait pas davantage être honoré sur place : « le match ne se jouera pas ce weekend à Saintes ».
Au cœur du blocage figurent les exigences de sécurité de la préfecture de la Charente-Maritime. La présence des forces de l’ordre coûterait 39 700 euros au club, une somme qu’il affirme ne pas pouvoir financer. Johan Bernardin dénonce également une organisation mal préparée, avec une arrivée de la sécurité prévue à 16 heures, soit une heure après le coup d’envoi.
Les solutions de repli apparaissent limitées. Le huis clos ne semble pas être une option pour le club saintais. Le préfet de Charente a, de son côté, refusé une délocalisation dans son département. Quant aux Girondins, ils ne sont pas en mesure d’accueillir la rencontre à Bordeaux, malgré des échanges avec le cabinet de la mairie bordelaise.
Dans le communiqué accompagnant sa vidéo, Johan Bernardin écarte néanmoins tout abandon : « le club ne déclarera pas forfait ». L’ES Saintes estime qu’une telle décision serait « contraire à l’éthique sportive » et entend poursuivre ses démarches « par respect pour ses bénévoles, ses joueurs et les jeunes licenciés de son école de football ».
Le vice-président demande donc à la Ligue de football de Nouvelle-Aquitaine et à la Fédération française de football de se prononcer sur le déroulement du match. Sans décision des instances, le club annonce qu’il déposera un référé-suspension contre l’arrêté préfectoral d’interdiction de la rencontre. Ce texte n’était pas encore publié au moment de la communication du club, qui l’attendait « dans les prochaines heures ».
Au-delà de cette rencontre, l’ES Saintes alerte sur les moyens nécessaires pour recevoir les supporters bordelais dans le football amateur. Évoquant dans son communiqué « la descente annoncée des Girondins de Bordeaux au niveau régional, voire district », le club estime que les équipes concernées pourraient devoir financer chaque week-end des dispositifs de sécurité de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour accueillir 350 à 400 supporters. Une charge qu’il juge incompatible avec les faibles budgets de ces clubs.