La missive, signée par la présidente de la fondation Reha Hutin, a été transmise à la ministre de l’Agriculture, Annie Gennevard, et réclame la suppression immédiate de tous les salons et foires où sont présentés chiots et chatons en vue de leur vente.

S’appuyant sur une enquête de terrain mise en ligne vendredi, la fondation a détaillé les dérives observées : des animaux à peine sevrés transportés sur des centaines de kilomètres, exposés plusieurs jours à des courants d’air, à la chaleur et au bruit, et soumis à une manipulation intensive par les visiteurs.

« En éloignant de très jeunes animaux de leur lieu d’élevage pour les exposer aux quatre coins de la France dans le seul but de provoquer un acte d’achat, ces événements bafouent les règles élémentaires de protection animale », a déclaré Reha Hutin, soulignant que ces pratiques favorisent l’abandon et la maltraitance ultérieure des animaux.

Fin juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un plan d’action à mettre en œuvre d’ici le 1er octobre, prévoyant un durcissement de la réglementation et un renforcement des contrôles lors des foires et salons, afin de lutter contre la maltraitance animale.

La fondation estime toutefois que ces mesures restent insuffisantes. Entre mai et août, ses équipes se sont rendues incognito dans plusieurs salons, constatant des infractions à la réglementation, des offres de paiement échelonné jusqu’à douze mensualités, l’absence de délai de réflexion avant l’achat et aucune sélection des acquéreurs selon leur mode de vie ou leur expérience.

Des associations, des parlementaires et certaines municipalités, comme La Rochelle, ont déjà appelé à l’interdiction de ces événements. La Fondation 30 Millions d’Amis a lancé une pétition en ligne pour soutenir cette interdiction, rappelant que les chatons, en particulier, sont très sensibles au stress et aux maladies.

Si le gouvernement ne répond pas rapidement à ces revendications, la pression des acteurs de la société civile pourrait conduire à une législation plus stricte, voire à la suppression totale des salons du chiot et du chaton sur le territoire français.