Lors de son arrivée à Saint‑Pierre‑et‑Miquelon, à 4 300 km de Paris, Emmanuel Macron a réitéré que le territoire était « une évidence » et qu’il n’y avait « pas de discussion » quant à son appartenance à la France, en réponse à une carte diffusée par le président américain Donald Trump recouvrant la région du drapeau des États‑Unis.
Le chef de l’État a annoncé qu’il recevrait le Premier ministre canadien Mark Carney le dimanche suivant, une première pour l’archipel, soulignant que cette rencontre envoyait un « message fort » face aux déclarations expansionnistes de Trump qui considère l’Arctique comme sa « chasse gardée » et menace régulièrement d’annexer le Canada.
Trump aurait, vendredi, suspendu ses ambitions sur le Groenland après la signature d’un accord de sécurité avec le Danemark. Macron a salué le respect de la souveraineté danoise et du droit international, tout en refusant de commenter une éventuelle « reculade » du président américain.
Dans le contexte de la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen‑Orient, Macron a indiqué que la France cherchait auprès du Canada, grand producteur de gaz liquéfié, des sources alternatives d’énergie pour alimenter la façade atlantique de l’Europe, et a évoqué de nouvelles perspectives de coopération bilatérale.
Sur le plan local, le président a rappelé les attentes de la population de 5 800 habitants, notamment le déplacement du village de Miquelon menacé par la montée des eaux. La deuxième phase du projet, estimée à 25 millions d’euros, prévoit la construction de nouvelles habitations ; une douzaine de maisons ont déjà été érigées sur un site plus élevé, à 1,5 km du village d’origine.
Macron a également indiqué que des annonces seraient faites concernant les moyens militaires de l’archipel, où seul un vieux patrouilleur est actuellement stationné et dont le remplacement tarde, soulignant l’importance stratégique de la zone dans le contexte arctique.
Les questions de quotas de pêche et du délimitation du plateau continental, héritées de la violente guerre de la morue des années 1980, restent au cœur des discussions franco‑canadiennes, tout comme la recherche d’une nouvelle vocation économique pour l’archipel.
Enfin, l’archipel mise sur le secteur spatial : il abrite déjà une station au sol du système de navigation européen Galileo et deux start‑ups françaises, Skynopy et Look up, prévoient d’annoncer leurs projets. Saint‑Pierre‑et‑Miquelon espère également être intégré au câble numérique reliant la Bretagne à New York, renforçant ainsi son rôle dans les flux de données spatiales.