Le stand de sécurité routière, organisé conjointement par la Fédération française des motards en colère (FFMC) et Vinci Autoroutes, a attiré des dizaines de motards sur l'aire d'A52 à Peypin avant qu’ils ne rejoignent le circuit Paul Ricard pour la course d’endurance du Bol d’Or.
Une enquête menée par Vinci Autoroutes auprès des usagers de deux‑roues a montré que 65 % des répondants avouent passer des appels téléphoniques en Bluetooth pendant qu’ils pilotent, un comportement que les organisateurs jugent « un véritable fléau ».
Romaric, motard du Grand Est, explique que le kit mains‑libres lui permet de rester connecté, mais qu’il ressent une perte d’attention et a même tendance à ralentir involontairement lorsqu’il parle au téléphone.
Nicolas, usager régulier de l'A52 pour son travail, confesse avoir longtemps passé des coups de fil sur sa moto, admettant que cela le distrait de la circulation même s’il apprécie la possibilité de décrocher rapidement.
Le téléphone sert aussi de lecteur de musique : José Loubry, coordinateur de la FFMC, raconte avoir essayé de rouler au rythme d’une playlist, avant de renoncer, conscient du danger que cela représente pour sa sécurité.
Selon la même enquête, plus de la moitié des motards interrogés déclarent avoir été impliqués dans un accident ou un quasi‑accident à cause d’une manœuvre jugée dangereuse, souvent liée à l’usage du téléphone.
Alexandre, motard de l’Hérault qui a survécu à un grave accident ayant entraîné un coma, affirme que depuis cet événement il ne touche plus jamais son téléphone en roulant, rappelant que la protection d’un deux‑roues se limite à l’équipement individuel – casque, veste, pantalon et chaussures – contrairement à une voiture.
Raphaële Burel, chargée des opérations chez Vinci, souligne que la vulnérabilité des motards est accentuée par la proximité du conducteur au sol et l’absence de carlingue protectrice, rendant l’usage du téléphone encore plus préjudiciable que pour les automobilistes.