Le parquet de Blois, représenté par le procureur Stéphane Javet, a annoncé que l’enquête préliminaire de six mois menée sur le manoir de Sabhi a révélé de nombreux faits de violences et d’humiliations infligés à des personnes hébergées, majoritairement en situation de grande vulnérabilité ou de précarité. La perquisition a permis de saisir 3 400 euros en liquide ainsi que les caméras utilisées pour filmer les scènes diffusées en ligne.
Depuis 2025, Sabhi filme en continu sur TikTok, Twitch et la plateforme Kick la vie d’un groupe de sans‑abri et de personnes en situation de handicap qu’il héberge dans son « château ». Ses vidéos, qui cumulent plusieurs centaines de milliers de vues, se sont transformées en une forme de télé‑réalité où les insultes, les coups de poing et les menaces se multiplient, selon des témoignages d’anciens pensionnaires.
Des extraits toujours en ligne montrent Sabhi frapper un homme, le forcer à s’excuser, fouetter des femmes et des hommes avec une ceinture, voire jeter une chaise sur une femme. Plusieurs anciens résidents ont déclaré avoir été insultés de façon virulente, menacés physiquement et soumis à des humiliations publiques.
Six chefs d’infraction ont été retenus contre lui, dont « violence sur une personne vulnérable suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours » et « provocation publique à la haine ou à la violence en raison du handicap ou du sexe ». Ces délits sont passibles d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et d’une amende de 750 000 euros.
L’avocat de Sabhi, Maître Henri de Beauregard, a contesté la gravité des faits, affirmant que « personne n’est mort, personne n’est blessé ou gravement blessé » et que les scènes sont scénarisées pour répondre à une demande du public, ce qui, selon lui, devrait réduire les qualifications retenues par le parquet.
Sabhi possède déjà un lourd passé judiciaire : en avril dernier il a été condamné à 12 mois de prison pour refus d’obtempérer et conduite en état d’ivresse. Il fait également l’objet d’une procédure pour violences conjugales et d’une enquête pour viol, ainsi que d’une mise sous contrôle judiciaire depuis septembre 2025 dans le cadre d’une affaire d’escroquerie, de travail dissimulé, de blanchiment et d’abus de biens sociaux.