Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé le dimanche 20 septembre à travers la France pour protester contre le projet de loi sur la présomption d'usage légitime des armes, qu’ils accusent de constituer un « permis de tuer » pour les forces de l’ordre.

Le lendemain, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a affirmé lors d’une interview sur BFM TV que les forces de l’ordre ne tuaient pas davantage aujourd’hui qu’auparavant, précisant que les chiffres des tirs mortels étaient stables, voire en baisse.

Selon l’Inspection générale de la gendarmerie (IGGN), les gendarmes « neutralisent » en moyenne sept à huit personnes par an avec leurs armes à feu, un niveau qui reste relativement constant, avec un minimum de deux personnes en 2019 et un pic de douze en 2024.

En revanche, les derniers rapports de l’Inspection générale de la police (IGPN) montrent que le nombre de tirs mortels effectués par les policiers a fortement augmenté : huit personnes ont été abattues en 2019, chiffre qui a doublé en 2024.

Les statistiques officielles pour l’année 2025 ne sont pas encore publiées ; elles le seront le mercredi 23 septembre, ce qui permettra de confirmer ou d’infirmer la tendance observée ces dernières années.

Le parti La France Insoumise, représenté par l’eurodéputée Manon Aubry, conteste également les chiffres avancés par le gouvernement, rappelant que, d’après la base de données du média Basta, environ 562 à 600 personnes sont mortes lors d’interventions des forces de l’ordre au cours des vingt dernières années, un nombre en constante augmentation depuis 2005.