Le procès, mené par le Parquet national financier (PNF), porte sur des accusations selon lesquelles Dati aurait favorisé les intérêts de Renault‑Nissan en échange d’avantages personnels, un délit qui, si confirmé, pourrait entraîner des peines d’emprisonnement et des sanctions financières importantes.
Les faits reprochés couvrent une période de plus de trois ans, de l’automne 2009 au début 2013, période pendant laquelle Dati était ministre de la Justice sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le dossier s’inscrit dans la vaste enquête du PNF sur les pratiques de lobbying et de corruption autour de l’ancien dirigeant automobile.
Lors du deuxième jour d’interrogatoire, Dati a fermement nié tout conflit d’intérêts, déclarant : « Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts. Tous mes actes, que ce soient mes votes ou mes prises de parole, se sont toujours conformés aux engagements politiques de mon groupe ». Elle a ainsi tenté de dissocier ses décisions politiques de toute influence extérieure.
Le seul témoin cité par le parquet à ce stade est l’eurodéputé vert Daniel Freund, qui a expliqué que « faire une prise de contact, suggérer une stratégie, c’est du lobbying. C’est le cœur du lobbying ». Son témoignage vise à éclairer la frontière entre lobbying légitime et corruption présumée.
Le procès se poursuit, et le tribunal devra déterminer si les actions de Dati relèvent d’un simple lobbying ou d’un véritable trafic d’influence. Une condamnation pourrait avoir des répercussions politiques majeures, notamment pour le parti auquel elle appartient, et renforcer la vigilance sur les relations entre les responsables publics et les grands groupes industriels.