Le projet, présenté comme une « riposte de la gauche » dans un long article du Monde, se décline en trois volets : le premier, prévu en mai 2027 sur le parvis de la basilique Saint‑Denis, évoquera la profanation de la nécropole royale pendant la Révolution ; le second, programmé pour juin 2027 au stade Bauer de Saint‑Ouen, explorera le sport et son histoire locale ; le troisième, qui aura lieu en juillet à La Courneuve, rendra hommage aux chants d’exil et de lutte.
Stéphane Troussel a expliqué que l’initiative vise à « déconstruire l’image d’une France blanche, masculine, exclusivement catholique » et à mettre en lumière la diversité des territoires populaires. Il a souligné que, bien que le projet s’inscrive à gauche, il ne s’agit pas d’une démarche militante mais d’une volonté de raconter une histoire partagée sans leçon ni catéchisme.
L’idée du triptyque est née lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, où une mise en scène mêlant opéra, métal et une figure de Marie‑Antoinette décapitée a mis en avant la diversité des Français. Selon le président, cette représentation a inspiré les porteurs du projet à « reléguer, oublier, minorer la part des territoires populaires » dans le récit national.
Le volet historique est coordonné par les historiens Patrick Boucheron et Guillaume Mazeau, tandis que le volet sportif associe l’historien François Da Rocha Carneiro au dramaturge Mohamed El Khatib. Le volet musical réunit l’historienne Marianne Amar, la metteuse en scène Marine Bachelot Nguyen et le rappeur Rocé, qui assure la direction musicale.
La production est assurée par Hortense Archambault, ancienne coordinatrice du Festival d’Avignon et actuelle directrice de la MC93 de Bobigny. La communication du projet est confiée au groupe « Combat », dirigé par le médiatique Matthieu Pigasse, qui intervient également dans les médias Radio Nova et Les Inrocks.
Le projet a suscité des réactions contrastées : certains commentateurs le perçoivent comme la concrétisation du « Puy‑du‑Fou », un programme culturel de gauche évoqué pendant la campagne présidentielle, tandis que d’autres y voient la preuve que la bataille des idées s’étend désormais au spectacle vivant.