L’exclusion de Philippe Brun du Parti socialiste, annoncée alors que le parti attendait la décision du délibéré du député de l’Eure ce mercredi, a été accompagnée d’une série de révélations détaillées par le journal satirique Le Canard enchaîné.

Selon ce média, l’ancienne collaboratrice de Brun aurait contacté la cellule harcèlement de l’Assemblée nationale le 1er avril, puis informé les dirigeants du PS quelques semaines plus tard. Elle aurait de nouveau interpellé le parti en juin, avant de déposer un signalement auprès de la Commission indépendante de lutte contre le harcèlement et les discriminations (Hadiv), évoquant des violences psychologiques et physiques ainsi qu’une forme d’emprise du parlementaire.

Le Canard enchaîné indique que les relations entre le député et son ancienne assistante se seraient détériorées pendant les dernières élections municipales. Après une défaite à Louviers, Brun aurait prononcé la phrase « je perds dimanche, je te licencie lundi », selon le rapport du journal.

L’affaire est actuellement examinée par l’inspection du travail. Brun, de son côté, accuse le parti d’avoir mobilisé ses contacts pour « trouver un point de chute » à son ancienne collaboratrice, insinuant une forme de représailles professionnelles.

Sur le réseau X, le député a dénoncé ce qu’il qualifie de mensonges du bureau national du PS et de la justice, affirmant que la plaignante ne se serait manifestée que le mardi 15 septembre au soir, alors que les premiers signalements remontent à avril.

Brun soutient que son exclusion constitue une « manœuvre ourdie par les bras droits des deux principaux dirigeants du PS », précisant que la décision a été prise dix minutes avant la clôture des candidatures à la primaire de la gauche, suite à un appel reçu par Johanna Rolland, présidente par intérim du parti, de la part de la directrice du cabinet d’Olivier Faure.

Le journal note que, contrairement à ce que le parti aurait indiqué, la personne mise en cause n’aurait pas donné son accord pour être alertée, ce qui alimente les accusations de Brun selon lesquelles la procédure aurait été accélérée de façon anormale.