La découverte a eu lieu lors de fouilles préventives démarrées en février 2024 et a été révélée cet été sous l’Hôtel‑Dieu, à proximité de la cathédrale Notre‑Dame. Le mur, composé de pierres et de poutres en bois, mesure environ vingt mètres de long et porte des traces d’un incendie, ce qui pourrait corroborer le récit de César selon lequel les Gaulois auraient incendié leurs propres installations avant la bataille de 52 avant notre ère.
Dans ses Commentaires, Jules César décrit Lutèce comme « une île reliée par des ponts et située dans une boucle de la Seine ». Jusqu’à présent, la localisation exacte de la ville gauloise restait incertaine, certaines hypothèses la plaçant à l’ouest de Paris, à Nanterre. La présence du rempart sur l’île de la Cité, au cœur de la ville actuelle, offrirait la première preuve archéologique directe reliant le Paris contemporain à la Lutèce gauloise.
Les premiers résultats des analyses au carbone‑14 placent la datation du bois entre 200 et 10 avant notre ère, une fourchette compatible avec la fin de l’âge du Fer et un épisode de destruction par le feu. Le ministère de la Culture précise toutefois que ces données ne permettent pas de dater précisément l’incendie à l’an 52, date de la bataille décrite par César.
« Nous sommes peut‑être face à l’un des vestiges les plus importants jamais découverts pour comprendre la Lutèce gauloise », a déclaré la ministre de la Culture, Catherine Pégard, dans un communiqué. Elle a ajouté que la prudence scientifique impose de vérifier la fonction exacte du mur et sa chronologie, même si la convergence des indices est aujourd’hui particulièrement remarquable.
Le rempart sera désormais démonté avec précaution, la fragilité des pierres et du bois rendant l’opération délicate. L’Institut national de recherches archéologiques préventives prévoit de réaliser, dans les semaines à venir, un moulage du fragment afin de reconstituer une portion du mur, qui pourra être intégrée à une exposition muséale à Paris.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a salué la découverte comme une preuve supplémentaire que « Paris conserve sous ses rues et ses monuments une histoire qui ne cesse de nous surprendre ». Il a appelé à mobiliser les moyens nécessaires pour documenter scientifiquement ce vestige exceptionnel et le partager avec les Parisiennes, les Parisiens et les visiteurs de la capitale.