Aux environs de 9 h, les autorités maritimes ont été alertées de la présence d’un semi‑rigide à moteur, parti du secteur de Port‑en‑Bessin (Calvados) et naviguant à une vitesse d’environ deux nœuds le long de la côte normande. Le bateau transportait une cinquantaine de migrants qui cherchaient à rejoindre l’Angleterre.

À la demande de la préfecture maritime et sous la direction du Cross Jobourg, une douzaine de sauveteurs en mer de Ouistreham et de Courseulles‑sur‑Mer, ainsi que plusieurs bateaux de la SNSM, ont été mobilisés pour suivre l’embarcation de 9 h à 21 h. Leur mission était strictement préventive : ils ont distribué une cinquantaine de gilets de sauvetage aux passagers et ont placé des nageurs de bord, formés à la récupération d’hommes à la mer, prêts à intervenir en cas de détresse.

Aux alentours de 18 h, l’embarcation s’est approchée de la plage de Varaville, entre Merville‑Franceville et Cabourg. Sur place, le maire de la commune a indiqué préparer une salle communale pour héberger les migrants pendant la nuit. Une quinzaine de personnes ont profité de l’arrêt pour embarquer depuis la plage, augmentant ainsi le nombre total à près de soixante‑cinq.

Après cet arrêt, le bateau a repris sa route vers la Manche, mais la SNSM n’est plus chargée de l’escorter. Un nouveau dispositif a été mis en place : le remorqueur de haute mer Abeille Liberté et les gendarmes maritimes assurent désormais la surveillance, notamment pour éviter toute collision avec les nombreux navires de commerce qui traversent la zone ultra‑fréquentée du détroit.

Cette traversée s’inscrit dans une tendance à la hausse des départs depuis les côtes normandes. Au cours du même mois, plusieurs embarcations ont quitté Dieppe et d’autres points de l’ancienne Basse‑Normandie. Dans la nuit du 5 au 6 septembre, une embarcation transportant 140 personnes a quitté Utah Beach et a atteint Portsmouth, où son arrivée a déclenché une violente manifestation opposée aux migrants.