L’enquête, lancée sous l’égide du réseau d’antennes locales de Radio France et de France Télévisions sous le titre « Dites‑le ICI », a recueilli les réponses de 14 286 personnes âgées de 18 ans et plus via les sites d’ICI et de France 3 Régions entre le 27 août et le 10 septembre 2026.
Les résultats, publiés le 23 septembre, indiquent que 86 % des participants se déclarent pessimistes quant à l’avenir de leurs enfants, un sentiment partagé par toutes les catégories sociales – de 89 % des employés et ouvriers à 86 % des cadres – et par toutes les tranches d’âge, de 87 % des moins de 35 ans à 82 % des plus de 65 ans.
Le dérèglement climatique apparaît comme la première source d’inquiétude, cité par 68 % des répondants et par 77 % des moins de 35 ans, suivi de l’individualisme (59 %), des tensions politiques en France et à l’étranger, et du coût de la vie, qui préoccupe particulièrement les jeunes (71 %) et les salariés (69 %).
Les Français expriment également des réserves sur le système scolaire, 54 % s’inquiétant de la qualité de l’enseignement public, avec un pic de 61 % d’inquiétude en Seine‑Saint‑Denis, et 58 % jugeant le niveau des établissements publics de leur quartier insuffisant, alors que près de trois quarts estiment les écoles privées de bonne qualité.
Dans le même contexte morose, la France a enregistré en 2025 son plus faible nombre de naissances depuis 1942, ce qui, selon l’enquête, explique que 87 % des Français comprennent le choix de ne pas avoir d’enfants aujourd’hui, en raison du coût financier de la parentalité et des difficultés à concilier vie professionnelle et familiale.
À quelques mois de l’élection présidentielle, Odoxa estime que cette « angoisse généralisée » fera de l’avenir des enfants un enjeu majeur des campagnes, 66 % des sondés déclarant que la question influencera fortement leur vote.
Malgré la morosité, 40 % des Français voient des raisons d’espérer, notamment les progrès de la médecine qui ont allongé l’espérance de vie de trois à cinq ans selon le sexe, tandis que 38 % restent optimistes quant à une prise de conscience collective du changement climatique et aux efforts qui en découlent. Les étudiants et cadres soulignent également l’amélioration de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, grâce au télétravail, aux congés parentaux et à la reconnaissance du statut d’aidant.