Selon les chiffres communiqués par Matignon, la balance fiscale du secteur carburant a enregistré une baisse de 407 millions d’euros par rapport à la même période de l’an dernier, même si le prix du diesel a atteint 2,39 €/litre et celui du SP95 2,31 €/litre.
En France, la principale taxe sur le carburant reste l’accise, fixée à 61 centimes le litre pour le diesel et 69 centimes le litre pour l’essence. La hausse des prix a incité les automobilistes à réduire leurs déplacements, ce qui a automatiquement fait chuter les recettes de cette taxe fixe. La TVA à 20 % appliquée sur un montant brut plus élevé crée un surplus ponctuel, mais il ne compense pas la perte globale liée à la baisse de consommation.
Pour atténuer l’impact sur les ménages et les professionnels, le gouvernement a d’abord débloqué un plan d’urgence de 470 millions d’euros, rapidement complété par 710 millions d’euros supplémentaires. La prime carburant destinée aux « grands rouleurs » a ainsi été doublée, passant à 100 euros par bénéficiaire, et le plafond d’exonération de la prime de transport versée par les employeurs a été relevé à 600 euros. Les marins‑pêcheurs bénéficient d’une prise en charge allant jusqu’à 0,35 €/litre, et des facilités de trésorerie soutiennent les exploitations agricoles.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a exclu toute baisse générale des taxes, rappelant que « 20 centimes de baisse du prix de l’essence, via les accises, c’est 9,1 milliards d’euros » de pertes pour les finances publiques.
Dans le but d’écarter définitivement les accusations d’enrichissement, le gouvernement prépare l’insertion d’une « règle d’or » dans la loi de finances pour 2027. Ce dispositif créerait un mécanisme automatique pour reverser directement aux citoyens les recettes imprévues issues de la TVA sur les carburants.
Les projections du Trésor français montrent que les recettes nettes de l’accise, qui s’élevaient à 33,3 milliards d’euros en 2019, ne devraient plus rapporter que 19,5 milliards d’euros en 2030 et tomber à 200 millions d’euros à l’horizon 2050, reflétant la transition inéluctable vers l’électrification et la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.