Coordonnée par les créateurs de la chaîne YouTube Two Disciples, la soirée devait réunir plusieurs figures du catholicisme en ligne, dont le dominicain Paul-Adrien d’Hardemare, le père Jean-Baptiste Bienvenu et Paul Delafosse. Mgr Bruno Valentin, chargé de la communication à la Conférence des évêques de France, devait ouvrir la veillée. Après un afflux d’inscriptions, l’événement a été déplacé de la Madeleine à Saint-Sulpice, dont la capacité est donnée à environ 2 000 places.

Le choix de certains invités a suscité des critiques parmi des catholiques de gauche. Constance, prénom modifié, a dit au journal se sentir blessée par des propos de l’abbé Matthieu Raffray et craindre que la foi soit présentée comme un marqueur politique excluant. Le prêtre, suivi par plus de 200 000 personnes sur Instagram selon l’article, se revendique identitaire; ses prises de position ont contribué à cette controverse.

Théo Moy, cofondateur du mensuel chrétien Le Cri, décrit parmi les créateurs invités des profils souvent traditionnels ou conservateurs, sans que tous soient nécessairement engagés politiquement. Il estime toutefois que la présence de Raffray pouvait choquer et soutient que les voix d’extrême droite restent minoritaires dans l’Église. Ces appréciations sont celles des personnes interrogées, et non une mesure de l’ensemble des catholiques en ligne.

Les témoins cités évoquent aussi le malaise de fidèles qui associent leur foi à l’accueil des migrants, à la justice sociale ou à l’écologie, mais hésitent à l’afficher de peur d’être rangés dans un camp. Le collectif Luttes et contemplations dit vouloir proposer une autre image de l’Église; Le Cri, qui revendique 3 600 abonnés, cherche à renforcer la visibilité de ces courants.

Le débat dépasse donc la programmation d’une seule veillée: il porte sur les voix qui occupent l’espace religieux numérique et sur la manière dont les fidèles peuvent exprimer leur foi sans la réduire à une identité partisane.