Après cinq heures d’audiences denses, le tribunal correctionnel a entendu la prévenue, Rachida Dati, qui a reconnu que ses souvenirs sur plusieurs étapes de sa vie étaient flous, notamment les dates de ses diplômes et de son mariage arrangé avec un homme résidant au Maroc.
Dati a rappelé avoir obtenu un baccalauréat scientifique en 1983, suivi d’une maîtrise en économie puis d’une maîtrise de droit public obtenue par équivalence, qu’elle a décrite comme « ça c’était plus tard ». Elle a également indiqué avoir commencé à travailler à l’âge de seize ans, d’abord comme aide‑soignante puis comme comptable, tout en poursuivant ses études.
Interrogée sur l’annulation de son mariage, la députée européenne a admis ne plus se souvenir de la date exacte, précisant que la décision avait été prise sous la pression de sa famille. Elle a toutefois mentionné que, sur les conseils de Marceau Long, alors vice‑président du Conseil d’État, et de Simone Veil, elle avait choisi d’intégrer la magistrature.
La présidente du tribunal a ensuite demandé à Dati de préciser son rôle au Parlement européen. La députée a hésité avant de répondre que, à Bruxelles, elle était affiliée au Parti populaire européen (PPE) et percevait une indemnité mensuelle d’environ 7 800 euros.
Le procès de Rachida Dati, engagé depuis plusieurs mois, porte également sur des accusations de lobbying pour le groupe automobile Renault, accusations qui ont été rappelées lors de l’audience. Son élection comme députée européenne en juin 2009 et les accusations de lobbying constituent le contexte de la procédure judiciaire actuelle.