Le mercredi 18 octobre, Ursula von der Leyen a surpris les parlementaires européens en déclarant que l’UE souhaitait créer une « alliance pour le futur », incluant le Canada comme futur membre associé, afin de renforcer la coopération économique, sécuritaire et technologique entre les deux continents.
Présent à la tribune, le Premier ministre canadien Mark Carney a souligné que le Canada ne laisserait personne dicter avec qui il signe des accords, rappelant la volonté de son pays de diversifier ses partenariats face aux tensions commerciales avec les États‑Unis.
Des eurodéputés, dont le Néerlandais Dirk Gotink (PPE) et l’Espagnole Laura Ballarín (S&D), ont interprété la proposition comme un signal de solidarité envers le Canada, qui subit, selon eux, une « guerre commerciale » menée par l’administration de Donald Trump.
Le Canada est déjà lié à l’UE par le CETA, accord de libre‑échange appliqué provisoirement, ainsi que par des projets de défense communs, notamment la participation à la Coalition des volontaires qui soutient l’Ukraine et le programme SAFE offrant 150 milliards d’euros de prêts pour des initiatives militaires conjointes.
La proposition a déclenché une réaction immédiate de Donald Trump, qui a qualifié l’initiative d’« acte hostile » et a menacé d’imposer des droits de douane lourds ou de suspendre le commerce avec l’Europe, ce qui a été immédiatement contesté par Mark Carney.
Certains députés du Rassemblement national, comme Virginie Joron, ont exprimé leur scepticisme, rappelant qu’aucun statut de « membre associé » n’existe dans les traités de l’UE et que la mise en œuvre juridique reste incertaine.
Des précédents existent toutefois : l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein bénéficient déjà de liens étroits avec l’UE via l’espace Schengen et le marché unique, mais aucun d’eux n’est officiellement « membre associé ».
Selon des sources parlementaires, la proposition aurait été discutée en amont avec les gouvernements français et allemand, le chancelier Friedrich Merz ayant déjà évoqué, en mai, un statut similaire pour l’Ukraine, tandis que le président Emmanuel Macron préparerait une visite de trois jours à Saint‑Pierre‑et‑Miquelon avec Mark Carney pour consolider le partenariat UE‑Canada.