Jeudi soir, une longue file d’étudiants s’est formée devant le seul restaurant universitaire ouvert le soir à la Cité universitaire, dans le 14ᵉ arrondissement de Paris. Parmi eux, Jayline et Aaron, deux jeunes artistes de vingt ans venus d’Ivry‑sur‑Seine, ont attendu une vingtaine de minutes avant de récupérer leur plateau à 1 €. Nada, étudiante en économie de 23 ans originaire de Vigneux‑sur‑Seine, a indiqué qu’elle passe près d’une heure dans les transports pour pouvoir dîner chaque soir, le repas à 1 € étant devenu indispensable à son budget très limité.
Le phénomène n’est pas isolé. Selon le Centre national des œuvres universitaires (CNOUS), le nombre de repas servis au printemps a bondi de 22 % et, entre mai et août, plus de 5 millions de repas ont été distribués aux étudiants sur l’ensemble du pays. Depuis la rentrée, les restaurants universitaires de la capitale restent très fréquentés, surtout le soir où l’offre est réduite.
Face à cette pression, l’intersyndicale FO‑CFDT‑UNSA a présenté la semaine dernière un préavis de grève, prévu à partir de mardi, pour protester contre des « sous‑effectifs chroniques » et des « cadences infernales ». Daniel, étudiant en droit de 24 ans, a décrit le personnel comme « hyper stressé », évoquant notamment des problèmes avec l’application de paiement Izly qui compliquent davantage le service aux étudiants.
Le CROUS de Paris n’a pas fourni de chiffres détaillés sur les moyens alloués pour faire face à l’afflux, mais a rappelé que ses 50 cafétérias de la capitale proposent désormais un service de repas à emporter à partir de 15 h. Aucun élément supplémentaire n’a été communiqué en réponse à la demande de 20 Minutes sur les ressources disponibles.
Dans le même temps, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé dimanche une hausse du budget du CROUS à 143 millions d’euros pour 2027, destinée à financer de nouveaux équipements et le recrutement de personnel. Cette enveloppe vise à répondre aux besoins croissants des étudiants, notamment en matière de restauration à prix réduit.
Si la grève se concrétise, les étudiants qui dépendent du repas à 1 € risquent de se retrouver sans solution de restauration abordable le soir. Les témoignages soulignent également le souhait d’ouvrir davantage de restaurants universitaires en soirée afin de réduire les temps d’attente et les déplacements, une mesure qui pourrait atténuer la pression sur le personnel et améliorer l’accès à une alimentation saine pour les étudiants les plus précaires.