Une courte séquence diffusée sur les réseaux sociaux montre le député du RN, Jean‑Philippe Tanguy, prononcer la formule « Oui, le travail rend libre » pendant un déplacement à Vierzon, dans le Cher, le week‑end dernier, rappelant le slogan nazi « Arbeit macht frei » affiché à l’entrée des camps d’Auschwitz‑Birkenau et d’autres camps de concentration.
Le mercredi, lors d’une interview sur Europe 1/CNews, Tanguy a expliqué que la phrase était extraite d’un discours de trente minutes portant sur le rôle du salaire décent et des acquis sociaux de la Résistance pour permettre aux individus de s’émanciper, affirmant que « rien ne dit de mal » dans son propos.
Interrogé sur un éventuel regret, le député a répondu qu’il ne « regretterait pas qu’on l’accuse de n’importe quoi », mais a présenté ses excuses aux personnes ayant une « histoire familiale douloureuse » et aux victimes d’antisémitisme, précisant que ses excuses concernaient le ressenti personnel et non les mots prononcés.
Il a ajouté que le thème du travail comme source de liberté est un sujet de philosophie récurrent, rappelant que l’ancien président Nicolas Sarkozy aurait tenu des propos similaires, et a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas laisser les groupuscules néonazis s’approprier cette idée.
Louis Aliot, vice‑président du RN, a déclaré dans une interview sur France 2 que le clip de deux secondes était sorti de son contexte et qu’il n’avait « aucune critique à faire » à l’encontre de Tanguy.
L’affaire relance le débat en France sur la sensibilité des références historiques liées à la Shoah lorsqu’elles sont utilisées par des responsables politiques, et sur les limites de la liberté d’expression dans le cadre d’un discours public.