Le parquet de Paris a, depuis le début du mois de septembre, ouvert plusieurs dossiers d’enquête portant sur des pratiques qualifiées d’« atteintes à l’intimité de la vie privée » liées à l’utilisation de lunettes connectées, rapporte France 24.
Les magistrats ont constaté une « tendance montante » sur les réseaux sociaux où des hommes filment des femmes dans la rue, sans leur accord, puis publient les séquences en ligne, souvent dans le but de provoquer gêne ou humiliation.
Les associations spécialisées dans le harcèlement numérique, dont e‑Enfance et Féministes contre le cyberharcèlement, ont dénoncé ce phénomène, le qualifiant de spectacle rentable pour les créateurs de contenus et les plateformes qui les diffusent.
Selon e‑Enfance, la ligne d’écoute nationale 3018 a reçu une trentaine de signalements depuis le lancement des enquêtes, un chiffre que l’association estime ne représenter que la partie émergée de l’iceberg.
En droit français, la diffusion d’images ou de vidéos sans le consentement des personnes filmées est passible de deux ans de prison et d’une amende pouvant atteindre 45 000 €, peine qui peut être alourdie lorsqu’elle s’accompagne d’actes d’agression sexuelle.
Les victimes peuvent contacter le 3018, qui peut demander aux plateformes le retrait des contenus incriminés. e‑Enfance a ainsi obtenu la suppression de plusieurs séquences sur TikTok, même si certaines ont été republiées et que les comptes incriminés continuent de publier.
Meta, fabricant des Ray‑Ban connectées, rappelle que chaque paire est équipée d’une LED qui clignote lors d’un enregistrement, mais les associations soulignent que ce dispositif ne suffit pas à protéger les femmes, qui peuvent être filmées malgré la lumière.
La CNIL a déjà été saisie du problème, mais aucune sanction n’a encore été prononcée. Au Royaume‑Uni, une pétition visant à interdire la vente de ces lunettes a déjà recueilli 10 000 signatures.