En réponse à l’appel d’une voisine, les forces de l’ordre ont pénétré l’appartement où elles ont trouvé les deux jeunes filles face à leur père. L’une était presque amorphe, l’autre criait, riait nerveusement et se parlait à la troisième personne, tandis que le père leur jetait de l’eau au visage en récitant des sourates du Coran.

Selon le rapport de police, la séance durait plusieurs heures. Un imam était présent et récitait le Coran pendant que les adolescentes étaient aspergées d’une « eau coranisée » et, lorsqu’elles s’assoupissaient, réveillées à coups de spray. Les cris, vomissements et pertes de connaissance étaient interprétés par le père comme la manifestation d’un djinn, un génie malin selon la croyance islamiste.

Le père, chauffeur de VTC, était déjà connu des services sociaux pour des faits de violence. Il avait déjà été condamné l’été précédent à trois mois de prison avec sursis, à une amende de 300 euros et à suivre un stage de citoyenneté. Il contrôlait également les vêtements, les fréquentations et les déplacements de ses filles.

Les enquêteurs ont établi que, depuis plusieurs mois, le père conduisait ses adolescentes dans une salle clandestine située à La Courneuve, en Seine‑Saint‑Denis, pour y pratiquer la roqya. Cette pratique, qualifiée d’« ancestrale » par les adeptes, est de plus en plus surveillée par les autorités qui la considèrent comme une dérive islamiste potentiellement dangereuse.

L’affaire, révélée dans le JDNews du mercredi 23 septembre, alerte les autorités sur la recrudescence de rituels extrémistes au sein de familles françaises. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités pénales du père et de l’imam, tandis que les services de protection de l’enfance évaluent les besoins de prise en charge des adolescentes.