Dans une émission diffusée hier soir, Pascal Praud a déclaré qu’il « ferait désormais le point chaque matin » sur les artistes, humoristes et journalistes qui, selon lui, incitent le public à ne pas voter pour le Rassemblement national (RN). Il a cité parmi les premières cibles l’actrice Adèle Exarchopoulos, l’humoriste Paul Mirabel et le journaliste Jean‑Michel Aphatie.

Praud a affirmé que ces personnalités, présentes sur des plateaux comme « Quotidien », France Inter ou d’autres services publics, seraient « moquées, dénigrées, dévaluées » pour avoir exprimé « leur angoisse face à la progression de l’extrême droite ». Il a accusé leurs interventions d’appeler à la haine et a questionné l’existence d’une autorité de régulation capable d’intervenir.

Le même jour, Patrick Cohen, éditorialiste politique sur France Inter, a publié un éditorial intitulé « La parole anti‑RN est‑elle permise ? », dans lequel il a critiqué la démarche de Praud. Cohen a rappelé que la liberté d’expression protège le droit de toute personne, y compris les célébrités, à exprimer leurs inquiétudes politiques, sans crainte de harcèlement ou d’intimidation.

Cohen a également pointé du doigt les médias du groupe Bolloré, qu’il accuse d’être « le bras armé » de l’extrême droite en organisant l’intimidation de leurs détracteurs. Selon lui, la campagne de « dénigrement » décrite par Praud ne fait que viser à réduire au silence les voix critiques du RN.

Ces échanges interviennent dans un contexte de montée des tensions politiques en France, où le RN de Marine Le Pen continue de gagner du terrain électoral. Les débats autour de la légitimité de la critique du parti et de la protection des intervenants publics restent donc très vifs, sans qu’aucune autorité de régulation n’ait encore pris position sur les propos de Praud.