Le second tour des sénatoriales se déroule ce dimanche 27 septembre, marquant la dernière étape électorale avant le scrutin présidentiel prévu en avril prochain, et sera scruté de près par tous les camps politiques.
Ces élections sont indirectes : les 95 % des grands électeurs sont des élus locaux, et la moitié des 348 sièges du Sénat est renouvelée tous les trois ans, ce qui limite les bouleversements spectaculaires mais permet des ajustements progressifs.
Le principal enjeu pour le Rassemblement national (RN) est d’atteindre le seuil de dix sénateurs, condition indispensable à la création d’un groupe parlementaire. Le parti ne compte aujourd’hui que trois sénateurs et doit donc gagner sept sièges supplémentaires.
Le RN mise sur une stratégie ciblant la ruralité et les maires sans étiquette, où il estime disposer d’un réservoir de voix important, selon le directeur de campagne Ludovic Pajot. Plusieurs listes sont portées par des figures connues, comme la députée Edwige Diaz en Gironde ou Marie‑Caroline Le Pen dans la Sarthe.
Un sénateur du RN a déclaré à franceinfo que « c’est possible, mais ça va se jouer à pas grand-chose », soulignant la nécessité d’une campagne soignée pour atteindre l’objectif.
Les sénatrices centristes se montrent déjà sur la défensive, redoutant qu’un groupe RN ne dynamise les attaques contre le gouvernement et ne déclenche la création de commissions d’enquête, selon leurs propos.
Pour La France insoumise (LFI), les perspectives sont plus modestes : aucune alliance de gauche n’a été conclue et les départements de l’Île‑de‑France ne sont pas concernés par ce renouvellement. Gabriel Amard, gendre de Jean‑Luc Mélenchon, reste le candidat le plus susceptible d’obtenir un siège, notamment dans le Rhône.
Du côté de la droite, le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, voit sa réélection assurée et l’alliance LR‑centriste devrait conserver la majorité, même si le parti pourrait perdre trois à cinq sièges, estime le sénateur Roger Karoutchi.
Le groupe macroniste, le Rassemblement des progressistes démocrates et indépendants (RDPI), a perdu son figure tutélaire, François Patriat, cet été. Malgré ce vide, les sénateurs du groupe, renforcés par les élus ultramarins, s’attendent à maintenir leur effectif.
Les socialistes, les écologistes et les communistes cherchent à préserver leurs places dans le Sénat, les écologistes redoutant les répercussions des mauvais résultats municipaux de mars, tandis que les socialistes visent à garder une soixantaine de sièges pour rester la deuxième force de la chambre haute.
Au final, les résultats de dimanche seront analysés comme un baromètre des forces en présence avant la présidentielle, le Sénat restant un contre‑pouvoir clé que le futur président devra composer.