Les données publiées le 8 septembre 2026 par l’OCDE montrent que, entre 2022 et 2025, la moyenne des pays de l’OCDE a reculé de 14 points en lecture (18 points pour la France) et de 9 points en mathématiques (16 points pour la France), tandis que les scores en sciences sont restés globalement stables. Sur la décennie, la France a perdu 43 points en lecture, 35 en mathématiques et 12 en sciences, un recul nettement plus prononcé que la moyenne internationale.

Dans une interview accordée au journal Le Monde, le ministre Édouard Geffray a attribué cette dégradation à plusieurs facteurs, dont la transformation des usages numériques et l’essor des réseaux sociaux, la diminution de l’investissement des familles dans la scolarité, ainsi que le caractère « trop flou » des objectifs d’apprentissage au collège et des pratiques pédagogiques jugées insuffisamment efficaces.

Geffray a également déclaré que les élèves évalués par PISA « n’ont bénéficié de presque aucune des mesures prises depuis 2017 », malgré une décennie de réformes : ajustements des programmes de français et de mathématiques en 2018, repères annuels de progression instaurés en 2019, plan Villani‑Torossian, « Devoirs faits » au collège, et multiplication des évaluations nationales.

Le ministre a toutefois exprimé un optimisme mesuré, affirmant que travailler simultanément sur la pédagogie et l’autonomie des établissements pourrait permettre à la France de « revenir dans la tête du classement » dès l’édition PISA de 2033, soit dans deux cycles d’évaluation.

D’autres enquêtes internationales corroborent le tableau sombre : le TIMSS 2023 n’a pas relevé de progression statistiquement significative en mathématiques au CM1, et le PIRLS 2021 montre une stabilisation de la compréhension de l’écrit, toujours en dessous de la moyenne européenne. Les études de la DEPP sur le dédoublement des classes indiquent des effets positifs à court terme, mais aucune amélioration durable à l’entrée en sixième pour la première cohorte étudiée.

Le contexte des réformes est marqué par une instabilité programmée : les programmes des cycles 2, 3 et 4, mis en place en 2016, ont été substantiellement ajustés en 2018, puis revus en 2020, et de nouveaux programmes sont prévus pour 2025 (cycles 2‑3) et 2026 (cycle 4). Cette succession d’ajustements a pesé sur les enseignants et les inspecteurs, affaiblissant la continuité pédagogique.

Enfin, le ministre a souligné le rôle des réseaux sociaux comme facteur aggravant, même si les élèves français déclarent un temps d’usage des écrans inférieur à la moyenne de l’OCDE (environ 4,9 heures par jour). Il a appelé à un « temps de maturation » pour que les politiques éducatives donnent leurs fruits, tout en reconnaissant que les familles et le personnel enseignant doivent également être soutenus pour garantir la qualité du service public.